Histoire de Vouvray

Vouvray, dont les vins ont acquis une renommée importante déjà établie au XVe siècle, se nommait Vobridius au VIIIe siècle; la plus grande partie de son territoire appartenait alors à la collégiale de Saint-Martin. Elle lui fut enlevée au début du IXe siècle et rendue en 862 par l'intervention de Charles le Chauve.

Vouvray est alors designé sous le nom de Vobridium puis encore au cours du Xe siècle dans les diplômes de Charles le Simple (920) et Hugues Capet (987). Par la suite, la collégiale donna ce domaine au seigneur de Beaugency. Il y avait trois fiefs à Vouvray : la Cour-de-Vouvray, le Bouchet et les Dîmes-de-Vouvray. Celui-ci était au XIVe siècle la propriété des de Bueil.

Au XIIIe siècle, on trouve Vovreium; 1209, cartulaire de l'abbaye Saint-Martin de Tours. La forme française, Vovray, apparaît pour la première fois en 1284. Le nom ancien Vobridium, est le même que celui désignant Vouvray-sur-Loir (Sarthe) dans un diplôme de Charlemagne daté de 775. Il a souvent été rapporté, à tort, au Vouvray tourangeau. Vobridium est un composé gaulois dont le premier terme, voberos, désigne les lieux très humides.

Au IXe siècle, une grande partie du territoire de Vouvray (l'ancien fief du Bouchet) appartenait à l'abbaye Saint-Martin de Tours, qui en fit don, au bas Moyen Age, au seigneur de Beaugency. La proximité de Tours, la présence de la Loire, l'existence d'une pente douce propice à la vigne, ont favorisé la mise en valeur précoce de ce terroir. Une charte de l'abbaye de Marmoutier, datée de 1344, évoque le Portus Rupium, port d'attache, pour ce secteur, de la "Communauté des Marchands fréquentant la rivière de Loire". Ce port, dont l'emplacement n'a pas été retrouvé, était situé à mi-chemin entre Rochecorbon et Vouvray et desservait les deux villages, en particulier pour le commerce des vins blancs, très recherchés depuis au moins le XVe siècle.

Le port de La Frillière, tout à l'est, face à Montlouis, n'apparaît dans les textes qu'au XVIe siècle. C'était en même temps un relais de poste sur la route de Tours à Orléans.

Le bourg s'est implanté au débouché, dans la vallée de la Loire, d'un ruisseau temporaire descendu du plateau. Le village s'est étendu dans deux directions : vers l'est, au pied du coteau et surtout vers le nord et le sud, dans le vallon, sur plus de 1 km. Là, les maisons alternent avec les troglodytes et les caves. Ce paysage avait fortement impressionné Balzac, qui visita le village en 1831 : "Vouvray se trouve comme niché dans les gorges et les éboulements de roches... En plus d'un endroit, il existe trois étages de maisons, creusées dans le roc et réunies par de dangereux escaliers taillés à même la pierre..."


L'église Notre-Dame-Saint-Jean-Baptiste, presque entièrement refaite en 1855 et 1861 dans le style néo-gothique, remonte, pour ses parties les plus anciennes, au XIe siècle : il s'agit de la base du clocher, à trois archères. Le beffroi qui surmonte cet élément ancien a été élevé au XIIIe siècle et remanié au XVIIe siècle. Il est doté de deux fenêtres jumelées sur chacune de ses faces et il est surmonté, depuis 1861, d'une coupole en ardoise. La nef a été établie au XVIe siècle. Sa façade nord fait corps avec le roc du coteau, sa façade sud ne date de la Renaissance que dans sa partie orientale, le pignon ouest a été très modifié en 1861. Au sud, l'ancienne porte, du XVIe siècle, avec arc en anse de panier surmonté d'une niche, a été murée, la porte actuelle n'a été percée qu'au XIXe siècle époque à laquelle on a augmenté le chevet de trois absides.
L'intérieur de la nef, de style néo-gothique, n'offre que peu d'intérêt, sauf une dalle funéraire du XIVe siècle, ornée d'une femme aux mains jointes et classée depuis 1909. L'une des deux chapelles troglodytiques abrite un tabernacle en bois doré, du XVIIIe siècle.

Devant l'église, on remarque une pierre d'attente des morts et un monument évoquant le musicien Charles Bordes, rénovateur de la musique grégorienne, co-fondateur de la Schola Cantorum et né au manoir de La Bellangerie en 1863.


Au nord de la place de l'église, la cave Vavasseur est une ancienne grange aux dîmes, propriété des moines de la cathédrale d'Angers. Elle a été surcreusée en 1920 sur plus de 400 m. Le presbytère a conservé ses hauts pignons du XVIe siècle. Dans sa cour, on note la présence d'un cadran solaire portant la date de 1687. Dans le bourg subsistent plusieurs éléments de maisons anciennes, rue Victor-Hérault, rue du Commerce, impasse Victor-Hugo.

Signalons au n°12 de la rue du Commerce, une cave en roc qui passe pour avoir servi de prison à la justice de la Prévôté d'Oé (Jeanson, 1976, p. 228).

Allée du cimetière, à flanc de coteau, le Pavillon du Bouchet, repose sur les fondations de la maladrerie créée au XIIIe siècle et détruite au XVIIIe siècle. On remarque, au rez-de-chaussée, plusieurs petites fenêtres en plein cintre. L'escalier intérieur en bois, à cage en colombage, date du XVIe siècle.

Sources :
Mémoires de la Société Archéologique de Touraine, 1843-1844; La Touraine Archéologique, 1949

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