LES LAMBREQUINS DE BOIS

Peut-être avez-vous déjà remarqué ces frises de bois qui ornent la bordure de toit de certaines maisons de Vouvray ou même d'ailleurs ? Ces pièces ornementales sont appelées des lambrequins et si l'on regarde le dictionnaire Larousse, il nous explique que ce mot désigne à la fois :

  • une bande d'étoffe festonnée par le bas dont on décore les cantonnières de baies, les ciels de lit,
  • un ornement d'étoffe tombant du cimier du heaume (XIIIe-XVIe s.),
  • une plaque allongée, souvent découpée de façon décorative, utilisée, au XIXe s. surtout, pour dissimuler les gouttières autour d'un toit, le rouleau d'un store en haut d'une fenêtre, et c'est bien évidemment, cette dernière signification qui nous intéresse aujourd'hui.

L'on parle également de "décor de lambrequins" pour désigner une frise de broderies concentriques ornant, à partir de la fin du XVIIe s., les faïences de Rouen et de Delft et reprises ensuite par Lille, Strasbourg, etc.

Lambrequin d'une maison de la rue du Petit Coteau à Vouvray

Quant à l'étymologie du mot lambrequin, le Littré nous indique qu'il viendrait du mot "lambeau" et de "lambel" et ferait référence :

  • au latin lamberare, déchirer ,
  • à l'allemand Lappen, lambeau,
  • au latin labellum, petite lèvre, bord, lisière, de labrum, lèvre , ou bien limbus, bandeau.

Le lambrequin est donc bien un ornement découpé et souvent ajouré, plus ou moins épais, en bois ou en métal (zinc, fer-blanc ou fonte de fer), fixé en bordure de toit ou à la partie supérieure d'une fenêtre. Les deux types de lambrequins peuvent se retrouver ensemble (toit-fenêtre) dans les maisons individuelles, ou séparément (lambrequins de fenêtres sur les immeubles de type haussmannien), en fonction de l'architecture; ils sont une constante de l'architecture urbaine du XIXe siècle.

Lambrequins de bois, maison de Vouvray
Lambrequins de bois, maison de Vouvray

Les fenêtres de ces immeubles étant généralement dépourvues de volets, elles étaient munies de stores extérieurs et le lambrequin, outre son rôle décoratif, servait à cacher et protéger les rouleaux des stores. La pose de vitrages extérieurs ou de volets roulants en a malheureusement fait disparaître un grand nombre.

Ci-dessous, feuillet publicitaire de 1880, de la fabrique d'Alphonse Lemoine, spécialisée dans la fabrication de jalousies, de stores & de bois découpés pour décorations intérieures et extérieures des kiosques, chalets et villas.

La dentelle de bois du lambrequin se découpe sur le ciel ou sur la partie à l'ombre du mur, en créant de jolis effets. L'apparition au XIXe siècle de la scie à découper et des éléments de construction manufacturés ont favorisé son développement. Alors si vous avez un lambrequin chez vous, prenez en soin et n'hésitez pas à nous contacter pour nous le signaler. Cela fait également partie de notre patrimoine !

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