LE TUFFEAU & LES ENDUITS

Habiter le tuffeau aujourd'hui... C'est le titre d'une conférence très intéressante, donnée par l'architecte Bruno Duquoc à l'Ecomusée du Véron, en partenariat avec le Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine.

M. Duquoc lors de la conférence

Nous sommes nombreux à habiter une maison en tuffeau mais nous ne connaissons pas bien ce matériau, vivant, qui requiert une attention toute particulière. On ne voit que trop souvent des enduits en ciment recouvrir une maison en tuffeau et comme nous l'a expliqué Bruno Duquoc, c'est une véritable hérésie car l'humidité est alors emprisonnée derrière le ciment, ce qui ne peut que contribuer à la détérioration du mur. En effet, le tuffeau doit respirer et le seul enduit à prescrire est un enduit mêlant chaux et sable.

Les seuls matériaux compatibles avec le tuffeau sont : les chaux aériennes (CL) ou chaux naturelles faiblement hydrauliques (NHL2), qui sont souples et suffisamment perméables.

Mais qu'est-ce que le tuffeau ?
Comme nous l'explique le référentiel créé par le Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine, c'est un calcaire crayeux (extrait de strates géologiques datant de 70 à 80 millions d'années) riche en silice et très tendre à l'extraction, possédant des proportions variables de quartz et de mica blanc. Cette roche se distingue par trois variétés sur notre territoire d'Anjou et Touraine :

  • Le tuffeau blanc : pierre d'oeuvre la plus noble, calcaire à grain fin.
  • Le tuffeau jaune : calcaire sableux plus grossier, appelé "millarge" dans le Chinonais et utilisé notamment dans l'habitat rural en Touraine.
  • Le tuffeau gris : de moins bonne qualité et plus sensible au gel, il se distingue par une couleur bleutée; on le retrouve entre Saumur et Gennes.

Au XIXe siècle, on comptait 98 sites d'extraction du tuffeau en Maine-et-Loire et 60 en Indre-et-Loire. Lors de sa sortie de carrière, la roche est soumise à un changement de température, de pression et d'humidité. Le tuffeau, gris et tendre quand il est imprégné de son eau de carrière, durcit à l'air en séchant. La pierre change de teinte et connaît une modification de son épiderme. Cette nouvelle surface protectrice est communément appelée calcin et, comme a lourdement insisté Bruno Duquoc, rien ne doit venir couvrir ce calcin.

Pour aller plus loin, vous pouvez télécharger les fiches réalisées par un collectif de professionnels pour le Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine.

 

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