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HOLNON, MERCREDI 11 NOVEMBRE 2015

Il y a du soleil place de Vouvray et rue Charles Vavasseur, devant la Mairie. C'est là que se trouve le Monument aux Morts. Le cortège y est allé. Nous sommes partis de l'Espace culturel Charles Poëtte, un peu plus au Nord. En tête les anciens combattants et quatre drapeaux tricolores, puis les élus avec leur écharpe bleu, blanc, rouge et les membres du Conseil municipal des Jeunes avec une écharpe blanche, les enfants de l'école, la population et les amis d'Holnon.

La musique municipale est déjà au Monument aux Morts ; le maître de cérémonie annonce ce qui doit se passer. Il y a la lecture du texte officiel du Ministre, le discours de Jean-Marc Lemaire, Maire d'Holnon, qui a aussi lu les noms inscrits sur le monument.

C'est partout pareil, direz-vous. Non. Ici, il y a cette ferveur tranquille des gens rassemblés, cette musique si douée qui joue les hymnes nationaux de la France et des pays voisins et soudain les voix balbutiantes des enfants qui chantent la Marseillaise.
Ces lignes ont été écrites après le massacre de Paris du 13 novembre, mais nous ne sommes pas écrasés par la douleur : ces voix juvéniles résonnent en nous et portent l'espoir. Après un dernier regard au Monument (il honore aussi la ville de Vouvray qui a contribué à sa restauration, c'est écrit), le cortège se reforme, traverse le bourg et se rend au cimetière militaire britannique (appelé Chapelle British Cemetery).

Nous reparlerons de ces soldats dont les blanches stèles disent le régiment, le grade, la date de la mort. Il y en a environ 600. C'est un petit cimetière, envahi ce matin par une foule française, où les drapeaux français ont un sens. Je lis le nom de T. Grier (Thomas ?), private (simple soldat), matricule 24685, du Royal Scots Fusiliers, l'âge n'est pas mentionné, mort le 21 mars 1918, non loin, devant la ligne Hindenburg. Ce soldat écossais entendait-il en mourant les bagpipes qui marchaient au combat ? J'entends cette musique qui s'élève dans la mitraille.

Dans le Centre Culturel où les gens se retrouvent pour un vin d'honneur, il y a une exposition sur la Grande Guerre.

Des objets en rendent concrète la présence, comme ce mortier que les soldats avaient habilement bricolé au début de la guerre, ou ces fers blessants que d'un côté ou de l'autre on semait dans la boue pour estropier les chevaux ou les hommes.

Ou encore, pour terminer, cette plaque que l'on plantait en terre pour identifier un mort (ici un anglais du Régiment de Lancaster).

 

Plus tard, on m'a montré une exposition, encore dans des cartons, d'Holnon avant, pendant et après la guerre, présentée il y a quelques semaines. De nombreuses cartes postales anciennes y sont montrées, comme celle des enfants de l'école vus du clocher que l'on retrouvera sur ce site (voir l'article " Les enfants fainéants seront punis de coups de bâton"). On parle de "cité martyre" ; on le comprend en regardant ces vues, comme celle-ci :

Et il y a aussi le soulagement des souffrances révolues comme sur cette photo prise après l'Armistice, présentée par la Société Académique de St Quentin :

En ce jour, en ce mois de novembre, cette volonté de vivre est l'image qui accompagne le visiteur.

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