2019 : 220ÈME ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE BEAUMARCHAIS

Alors que la région Centre-Val de Loire et plusieurs sites du val de Loire se préparent à fêter les 500 ans de la Renaissance en cette nouvelle année 2019 (500 ans de l'anniversaire de la mort de Léonard de Vinci et de la naissance de Catherine de Médicis), notamment... alors que la Ville de Tours est en train de programmer plusieurs événements pour commémorer le 220ème anniversaire de la naissance de Balzac, notre association Vouvray Patrimoine a décidé de s'intéresser, en même temps que Balzac, au 220ème anniversaire de la mort (le 18 mai 1799) de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, célèbre écrivain français, dramaturge, musicien, homme d'affaires, espion et marchand d'armes pour le compte du roi de France, figure importante des Lumières, qui fut propriétaire du domaine des Verneries, à Vouvray, à partir de septembre 1767.

Jean-Marc Nattier, Portrait de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1755)

Jean-Marc Nattier, Portrait de Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais (1755), Wikipédia

Il naquit à Paris, le 24 janvier 1732, chez son père l’horloger André-Charles Caron, dont la boutique, portant en grosses lettres le nom du maître à son plafond, s’ouvrait rue Saint-Denis, assez près de la rue des Lombards, entre l’hôpital Sainte-Catherine et la rue de la Heaumerie.

L’horloger Caron, converti d’assez fraîche date, était né dans la religion protestante, comme tant d’autres de la même industrie, auxquels Genève, après l’émigration forcée qui suivit la révocation de l’édit de Nantes, a dû sa fortune. Il en garda une certaine sévérité de principes, dont son fils n’hérita guère mais qui, du moins, sauf quelques rares erreurs – la plus grave fut la dernière – l’empêcha de tomber dans ces écarts d’irréligion qui furent la maladie et la ruine de son siècle.

Beaumarchais fut notamment espion du roi et si cet aspect de sa personnalité vous intéresse, nous vous recommandons la lecture d'un article intitulé Beaumarchais, au service secret de sa Majesté Louis XV, écrit par Amélie de Bourbon Parme et paru dans Le Parisien, le 20 février 2018.

Les Verneries - Carte de Cassini

Les Verneries - Carte de Cassini (issue de l'exemplaire dit de "Marie-Antoinette" du XVIIIe siècle) - Géoportail

Le domaine des Verneries, situé rue du Petit Coteau, à Vouvray, est une ancienne propriété de la collégiale Saint-Marin de Tours et elle apparaît distinctement sur la carte de Cassini, comme vous pouvez le voir ci-dessus. C'est un manoir porté par une terrasse dont le mur de soutènement remonte au XVIIe siècle. Le corps de logis, de la fin du XVIIe, a été récemment augmenté d'une aile en retour d'équerre. Dans le parc, il doit y avoir un cadran solaire daté de 1756.

Voici ce qu'écrivait Édouard Fournier, en 1876, dans ses Oeuvres complètes de Beaumarchais :

"Quand Beaumarchais disait, prenant pour devise un hémistiche du Mahomet de Voltaire : « Ma vie est un combat », il disait vrai, mais il ne disait pas assez. Sa vie fut tout ensemble un combat et un tourbillon enveloppant, entraînant, mêlant tout, dans un conflit de faits et de choses, qui est peut-être, et nous allons le prouver, le plus étrange, le plus ondoyant, le plus divers, qui ait jamais agité une existence humaine. Le caractère de l’homme fut toutefois plus étonnant encore que sa vie par la façon dont il s’y montra toujours, comme son Figaro, « supérieur aux événements », par sa ténacité, à l’invincible sourire, car son intrépidité toute française avait un peu de celle du Béarnais, dont un poète a dit : « Son courage riait », par sa verve surtout et par son esprit, qui furent, sans faiblir un instant, la chaleur et la clarté de cette fournaise ; enfin, par l’aplomb infatigable et la multiplicité de ressources qui, en tant que circonstances, le dégagèrent de l’imbroglio de sa vie, comme Figaro, son image et son reflet, bien plus encore que sa création, se dégage de l’imbroglio de sa comédie."

La Revue hebdomadaire : romans, histoire, voyages, datée du 3 juin 1922, nous indique que Beaumarchais fit de fréquents voyages en Touraine, qu'il aima d'une particulière tendresse. Il tenta d'y installer des exploitations agricoles, des entreprises économiques et eut des démêlés avec un certain sieur Jean-Baptiste Arvers, dont voici la cause :

"Après quelques relations avec M. de Beaumarchais, lieutenant-général des chasses du roy, au sujet des affaires des sieurs de Louesne, etc., M. de Beaumarchais invita le sieur Arvers de lui envoyer un essay de vin de Vouvray."

Les lettres échangées entre eux portent les dates des 25 juillet, 18 août, 17 septembre 1766 et 8 et 9 juillet 1767. Dès le mois de mai de cette année, une promesse de vente du domaine et de la maison des Verneries est passée entre Beaumarchais et Arvers :

"Vers le milieu du mois de septembre suivant, le sieur de Beaumarchais vint à Vouvray avec une grande apparence de vouloir terminer avec le sieur Arvers et il fut convenu au préalable qu'il serait dressé un procès-verbal de l'état des domaines, ce qui a été exécuté par Me Martineau, notaire royal audit Vouvray."

Beaumarchais devint propriétaire des Verneries en septembre 1767. Quelques années après 1770, il devient acquéreur d'une partie de la forêt de Chinon.

Le Mariage de Figaro est  représenté en 1784. En défalquant les cinq années de portefeuille, les quatre années de lutte, les mois qu’il a fallu à l’auteur pour écrire sa pièce, nous arrivons en 1774, époque où Petit Louis remplissait les annales du pays de sa romanesque passion, époque où Beaumarchais parcourait sans cesse la Touraine pour se rendre à son domaine des Verneries et à ses exploitations de Chinon.

Il nous est donc apparu, au sein de l'association Vouvray Patrimoine, de rendre hommage à cet homme à la personnalité et au parcours atypiques, qui a été propriétaire à Vouvray dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Nous vous tiendrons informés très bientôt.

Les Verneries - Google - janvier 2019

Capture d'écran sur Google Map, janvier 2019 - Les Verneries - Vouvray

 

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