DEMAIN LE VAL DE LOIRE

J’ai assisté au nom de l’association à une journée d’études organisée par la Mission Val de Loire, à l’Hôtel de Ville de Tours. Plus d’une centaine de personnes étaient présentes, dont des élus, des représentants des régions Centre Val de Loire et Pays de la Loire, du ministère de la culture et divers animateurs ou experts ès-qualités.

En introduction, l’adjoint au maire de Tours en charge du rayonnement international, du tourisme et des grands événements, Christophe Bouchet, a tenu à rendre hommage à Jean Germain, qualifié d’authentique Ligérien, et qui aimait la Loire. Les organisateurs ont ensuite rappelé le contexte de la journée.

Quelle est la cohérence de l’axe Ligérien, à l’heure du redécoupage territorial, de la redistribution des compétences et de la montée de l’urbanisation ?
Comment par ailleurs tenir compte d’éléments nouveaux comme la transition énergétique ?

Il apparaît que le Val de Loire, reconnu depuis 15 ans comme appartenant au patrimoine mondial, permet de rassembler autour de valeurs communes.

Par la suite, un exposé a permis de prendre connaissance de l’histoire et de l’aménagement de trois fleuves très différents :

  • Le Pô, en Italie, qui concentre 16 millions d’habitants dans une zone qui va de Turin à Parme, et qui a permis de relier des provinces qui n’avaient a priori aucun rapport entre elles. L’Italie du nord est un laboratoire de la décentralisation avancée (mais générant des conflits), avec la ville qui devient clairement un moteur pour le développement ;
  • La Vistule, qui traverse toute la Pologne de la Silésie à Gdansk (avec au milieu Cracovie) et qui fait l’unité d’un pays qui fait l’objet de multiples partages entre la Russie, l’Autriche et la Prusse. Une grande célébration est prévue en 2017 pour célébrer le 550ème anniversaire de la libre circulation sur le fleuve ;
  • Le Rhin, qui sert de fleuve frontière, et qui doit composer avec les sensibilités culturelles de trois pays (Allemagne, France et Suisse). Il est clairement orienté vers le transport (c’est même devenu l’équivalent d’une autoroute), avec des bateaux de plus de 100 m de long qui convoient des produits chimiques et pour la plupart dangereux. Une association, la Camargue Alsacienne, a œuvré pour aménager les méandres et en faire des zones préservées.

Il apparaît que des points communs peuvent être mis en avant : une identité forte, une mise en avant de la navigation (tramway de l’eau, croisières) qui est un moyen bien adapté pour découvrir le patrimoine naturel, des voies douces sur les berges, la protection de la faune et la réintroduction du saumon.

La table ronde suivante portait sur les politiques ligériennes mises en œuvre. Intervenant au nom de la région Pays de la Loire, la vice-présidente Sophie Saramito a expliqué qu’elle pouvait apporter une bonification dans le droit fil de l’UNESCO, en soutenant certains projets (exemple, la réhabilitation des cales de Loire, à Chalonnes). Pour sa part, le vice-président de la région Centre Val de Loire Gilles Deguet a évoqué la nécessité de faire travailler ensemble les différentes structures qui ont en charge, à un niveau ou un autre l’aménagement ou la gestion de la Loire. Il a aussi évoqué les différents plans pour la Loire (dont une 4ème version en cours de rédaction) et l’importance d’une vision globale, avec un lien entre la société, la culture ligérienne et la connaissance de l’environnement. Par contre, il a écarté l’idée d’un retour des plages à Tours, en raison d’une eau polluée et de la dangerosité du fleuve. Il est ressorti globalement de la table ronde que le meilleur moyen de découvrir la Loire était de prendre son temps. Un bon remède contre le stress de la vie moderne.

C’est sans doute pour cette raison que la Loire à vélo est si populaire (1 million d’adeptes chaque année). Dans une logique de développement durable, il convient de coordonner la pratique du vélo avec le train (dont la ligne épouse les contours de la Loire pour l’InterLoire, et dont on peut profiter grâce à une application spécifique développée par la Mission Val de Loire), mais aussi avec la batellerie.

Il a été fait mention par exemple d’une initiative à La Chapelle sur Loire, une commune située rive droite, et qui réussit à se raccrocher à la Loire à vélo, grâce à une navette fluviale qui fait passer les cyclistes d’une rive à l’autre, et avec des animateurs qui en profitent pour les sensibiliser à l’environnement local.

Au moment de la pause-déjeuner, je me suis entretenu avec Isabelle Longuet, la directrice de la Mission Val de Loire. J’ai présenté l’association, qui a été bien accueillie. Connaissant l’existence d’une association similaire à Rochecorbon, mon interlocutrice s’est réjouie de voir que Vouvray avait ainsi comblé un vide.

Les débats de l’après-midi m’ont moins intéressé. Il a été question surtout de la préservation de la Loire en tant que fleuve sauvage, avec un rappel des combats menés par les écologistes contre les barrages, puis de la montée de l’urbanisation avec des agglos qui ont tendance à s’unifier. A noter quand même que les Parisiens représentent 20 % des nouveaux arrivants dans le Val de Loire, ce qui montre le pouvoir d’attraction du territoire.

Ce que je retiens de la conclusion : les initiatives viennent aussi du local, comme l’a rappelé Yves Luginbühl, qui dirige le conseil scientifique de la Mission Val de Loire. Vouvray Patrimoine a donc une carte à jouer et a le bon profil.

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