EN QUOI UN ARBRE EST-IL REMARQUABLE ?

Il est, parmi les arbres que chacun côtoie dans sa vie, des sujets qui laissent un souvenir, une empreinte parfois indélébile : l’émotion produite par tel arbre gigantesque, le sentiment de vulnérabilité qui peut être le nôtre, comparé à ces monuments vivants qui ont parfois traversé les siècles en affrontant les intempéries et les agressions inconscientes des hommes, autant de sentiments qui font apparaître ces arbres comme hors du commun, nous dirons « remarquables ».

En quoi un arbre est-il « remarquable » ? Le caractère « remarquable » d’un arbre est une notion complexe car liée à la sensibilité de celui qui le regarde, à ses références culturelles et à l’environnement même de l’arbre. Un arbre peut être « remarquable » parce qu’il surprend, soulève l’admiration, évoque des souvenirs, atteint des proportions exceptionnelles, suscite un attachement particulier. Il peut aussi s’agir de sujets inhabituels à nos yeux, soit du fait de leur rareté botanique, ou encore de leur caractère ou de leur histoire pittoresque. Si la beauté, l’ampleur et le grand âge de ces arbres sont effectivement « remarquables », ils ne sont pas toujours « remarqués » par nos concitoyens, d’où l’intérêt de les inventorier et de les faire classer.

Si vous pensez avoir un arbre remarquable par sa taille, son port, la rareté de son espèce botanique, son âge ou son histoire, contactez-nous à l'association Vouvray Patrimoine par mail à vouvraypatrimoine@gmail.com

Arbres remarquables de Vouvray

ARBRE REMARQUABLE : MARRONNIER D'INDE AU 10 RUE DE L'ÉCHENEAU

Nom botanique : Aesculus hippocastanum L. (famille des Sapindaceae)

Nom usuel (vernaculaire) : marronnier commun, marronnier d'Inde, marronnier blanc.

Emplacement : 10 rue de l'Écheneau - 37210 Vouvray (merci à Christine de nous l'avoir signalé)

DESCRIPTION

C'est un grand arbre d’ornement dont la longévité en milieu rural est facilement supérieure à 150 ans pouvant parfois atteindre 300 ans et mesurer jusqu'à 30 mètres. La sève, la bogue et la graine ont une odeur très particulière et un goût un peu amer. L'écorce brune à légèrement rougeâtre est lisse chez le jeune arbre, se fissure dans le sens de la longueur, parfois dans un mouvement hélicoïdal autour du tronc, s'écaille et se détache par petites plaques.

Les fleurs blanches ou roses, tachées de rouge, sont rassemblées en thyrse en forme de pyramide mais de nombreux variants existent. La couleur du centre de chaque fleur varie du jaune vers le rouge pour signaler aux insectes si la fleurs contient du nectar ou si elle est déjà pollinisée. Le rouge indique aux insectes que la fleur est déjà pollinisée, le jaune qu'elle est intéressante à visiter. On peut remarquer que la couleur rouge est rarement bien visible pour les insectes et donc peu utilisée comme signal positif pour les insectes. Les feuilles caduques sont opposées, grandes (30-50 cm), munies d'un long pétiole, palmées, à 5 ou 7 folioles dentelées. Les bourgeons pointus qui apparaissant en automne, sont protégés par une sorte de résine fortement collante. Le fruit est une capsule coriace, hérissée de pointes, qui renferme en général une seule grosse graine brune (parfois deux), lisse et luisante, toxique, appelée marron d'Inde. Les marrons du commerce, à griller ou utilisés en confiserie, qui sont comestibles, sont des châtaignes, fruits d’une variété de châtaignier (Castanea sativa) à fruits non cloisonnés. Ce ne sont donc pas les fruits du marronnier d'Inde. Il faut éviter de lui faire subir des tailles sévères ou courtes. Le marron d'Inde contient de l’amidon, des saponines (esculine) et des glucosides (fraxine).

Source : Wikipedia ©

DISTRIBUTION

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom vernaculaire "marronnier d'Inde", cet arbre est originaire du sud-est de l'Europe. Son aire de distribution naturelle est morcelée dans les montagnes du sud des Balkans : principalement en Grèce et en Albanie, et de façon plus localisée en Macédoine et en Bulgarie. Il pousse là naturellement en forêt mélangée de feuillus, cohabitant souvent avec le charme (Carpinus betulus), des érables et des tilleuls, dans les stations fraîches et humides, à une altitude de 700 à 1200 m, sur des sols plutôt riches, souvent en bas de pente de vallons calcaires ou sur des sols alluviaux.

Aujourd'hui c'est l'homme qui a de nouveau dispersé l'espèce dans toute l'Europe en la plantant abondamment pour l'ornement des villes et des parcs. Les enfants jouant avec les marrons ressèment souvent des marronniers dans les alentours, voire beaucoup plus loin, et l'espèce est ainsi devenue subspontanée dans une grande partie de l'Europe.

UTILISATION

Il est surtout utilisé comme arbre d’ornement, et moindrement d'alignement, pour ses grandes feuilles, sa floraison spectaculaire, et ses marrons autrefois jugés très exotiques. Il est l'un des arbres les plus abondamment plantés dans les villes et les villages d'Europe, les cours d'écoles, les parcs, les grands jardins, etc. Il fournit beaucoup d'ombre et de fraîcheur sous son feuillage dense et luxuriant. Arbre forestier vrai, il ne nécessite ni taille ni entretien particulier, mais il supporte des tailles parfois dures. Il rejette à partir des souches, souvent sans survivre. Il est jugé très résistant sur les sols qui lui conviennent, mais il est plus sensible à la pollution urbaine et à la déshydratation que le platane.

MENACES

Le marronnier était autrefois peu sensible aux parasites, même planté en alignement. Il est depuis quelques décennies victime de plusieurs pathologies qui, sans être toujours nouvelles, semblent dans certaines régions et dans les villes prendre une ampleur croissante et préoccupante. Cameraria ohridella est un insecte lépidoptère (Gracillariidae) nouvellement apparu en Europe dont le nom commun est mineuse du marronnier d'Inde. Ce très petit papillon dont l'origine reste inconnue a été découvert en 1985 en Macédoine, d’où il a envahi l'Europe en moins de 20 ans. Sa chenille creuse des galeries dans les feuilles de marronnier, provoquant une chute précoce du feuillage et un affaiblissement des arbres.

Un projet européen nommé CONTROCAM a été lancé le 1er janvier 2001 par 8 partenaires : INRA (France), CSIOCB (République tchèque) , CABI (Suisse), UBW (Autriche), UBERN (Suisse), UTRS (Italie), TEIK (Grèce) et TUMUC (Allemagne - voir nota) qui coordonne le projet. Il vise à mieux connaître la mineuse, sa répartition, son écologie et ses impacts (en milieu urbain et rural, ainsi que dans les Balkans, dans la « nature »), et à les maîtriser par des moyens de lutte intégrée (il est par exemple recommandé de ramasser toutes les feuilles mortes porteuses de maladies dès le mois d'août/septembre).

Le marronnier est aussi touché par un champignon, Guignardia aesculi, plus communément appelé Black rot. Cela provoque un dessèchement du limbe de la feuille, dont les symptômes sont des taches brun-rougeâtre bordées de jaune sur le feuillage.

Les marronniers urbains sont parfois également infestés de cochenilles.

La maladie la plus récente et la plus mortelle touche principalement quelques pays du centre de l'Europe de l'Ouest. Il s'agit d'un chancre bactérien, d'abord attribué à un organisme proche des champignons (Phytophthora), mais qui semble en fait produit par quelques variants particulièrement pathogènes d'une bactérie commune (Pseudomonas syringae).

Source : article Wikipedia.

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