Jardins

CENTRE DU BOURG DE VOUVRAY AU DEBUT DU XIXE SIECLE

Lors de la Promenade aux Jardins, organisée le dimanche 4 juin 2017, nous avons pu voir l'évolution du bourg de Vouvray à travers des cartes, dont la plus ancienne remontait à 1730. Ce qui est aujourd'hui le jardin public de Vouvray, près de l'église, devait être autrefois le jardin de la propriété qui porte le nom de La Rochelière : en effet, le portail d'accès au jardin se situe en face de la propriété.

Sur le plan dit "par masses de cultures" daté du début du XIXe siècle (Cadastre napoléonien), on voit distinctement le bâti de La Rochelière (n°98 sur le plan) et le jardin (n°20), en face. Il semble qu'il y avait également un bâtiment dans le jardin (rectangle rose), parallèle à la rue. Vous pouvez également constater que le cimetière (n°18) de Vouvray était situé sous l'église (n°40) et que l'on y accédait par un escalier.

Sur ce plan, en dehors des bâtiments (formes soulignées de rouge), les parcelles de couleur rosée étaient des vignes (exemple n°291), les parcelles de couleur verte étaient des prés (exemple n°290) et celles de couleur claire étaient des terres. (Plan disponible sur le site des Archives départementales d'Indre-et-Loire)

En parcourant ce qui est aujourd'hui le jardin public de Vouvray, nous avons pu voir les deux allées, descendant de part et d'autre du portail d'entrée, vers le jardin situé en contrebas. Une porte, aujourd'hui condamnée, devait passer sous la route et rejoindre les caves de la propriété. Nous avons également découvert, sous la végétation, un pilier façonné en rocaille : il serait intéressant de poursuivre l'investigation et d'essayer de retrouver ce décor en rocaille de ciment.

L'art des rocailleurs : depuis la Renaissance, l'art des rocailleurs avait pénétré le monde des jardins, mais c'est au XIXe siècle que ce savoir-faire s'est développé de façon presque industrielle. Les thèmes du rocher et de la grotte réapparaissent dans les grandes réalisations urbaines du Second Empire (1852-1870); ce retour aux formes inspirées par la nature est directement lié à la découverte du tourisme de montagne et à celle du ciment, matériau qui permet désormais toutes les audaces, grâce à Joseph Monier (1823-1906), son inventeur.

Les Expositions Universelles organisées à Paris à la fin du XIXe siècle font une promotion remarquée de ces nouveaux décors et du ciment armé appliqué à l'horticulture : barrières en faux bois, ponts, champignons-sièges, gloriettes illustrent les catalogues des entreprises spécialisées dans la rocaille, comme vous pouvez le voir sur l'illustration ci-dessus. Le goût pour le ciment rustique gagne progressivement toutes les régions de France : jardins publics de province, stations thermales et balnéaires l'adoptent très vite. Le métier d'ouvrier-rocailleur se transmet de génération en génération dans certaines régions de France, notamment dans le Limousin, où la production est particulièrement importante. La mécanisation et l'avènement de l'architecture moderne dans les années 1920 mettent un terme à ce métier pittoresque. (Source : Histoire des Jardins, Philippe Prévôt)

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