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LES BIENFAITS DES ESPACES VERTS SUR LE CLIMAT - PATRIMOINE VÉGÉTAL VIVANT

Alors que nous traversons un nouvel épisode caniculaire et que les médias parlent régulièrement de dérèglement climatique, il nous paraît important de nous interroger sur les bienfaits des espaces verts sur le climat, sur les bienfaits de notre patrimoine végétal sur notre vie quotidienne.

Le 9 juillet 2019, un collectif de 45 acteurs publics et privés de la ville et du végétal appelait, dans une tribune publiée sur le site du Monde, à plus d'infrastructures vertes et à des biens communs naturels. La présidente de l'UNEP, Catherine Muller, et le président d'Hortis (réseau des responsables d'espaces nature en ville), Jean-Pierre Gueneau, tous deux présidents de l'Observatoire des Villes Vertes, sont signataires de cet appel.

Bien qu'elle soit beaucoup moins médiatisée que le changement climatique, l'érosion de la biodiversité est une réalité scientifiquement avérée et une urgence absolue. Intégrer pleinement le vivant à la ville durable est non seulement une impérieuse nécessité, mais aussi un défi à portée de main de l'ensemble des acteurs, pouvant générer de la valeur, tant sociale qu'économique.

Une déconnexion aux conséquences dramatiques

Urgence climatique et urgence du vivant sont intimement liées. En se déconnectant des écosystèmes, avec une accumulation d'infrastructures techniques rendant chacune un nombre de services limité, la ville s'est aussi rendue plus vulnérable que jamais, victime de dysfonctionnements majeurs appelés à s'intensifier avec le réchauffement climatique : canicule et îlots de chaleur, fortes pluies et inondations, etc. Notre déconnexion du vivant, que les scientifiques qualifient "d'extinction des expériences de nature", source d'une "amnésie de la nature", serait en grande partie responsable de l'inaction environnementale : moins on vit connecté à la nature, moins on la protège.

Les bienfaits des espaces verts sur le climat

Les espaces verts favorisent le développement durable des villes et des villages. Ils assurent en effet une régulation naturelle des températures, ils purifient l'air, l'eau, les sols et contribuent à l'évacuation et au filtrage naturel des eaux pluviales. Les espaces verts atténuent les impacts des îlots de chaleur (microclimat créé par l'urbanisation grandissante) en ville de 3 manières :

  • Là où il y a des espaces verts, il n'y a pas ou peu de bitume, qui n'emmagasine donc pas de chaleur en journée
  • Les feuillages produisent des zones ombragées sur les sols, qui n'emmagasinent pas de chaleur non plus
  • Grâce à l'évapotranspiration, les espaces verts refroidissent l'air ambiant, les plantes transforment l'eau liquide en vapeur d'eau, récupérant l'énergie solaire.

Réduction de la pollution

Les végétaux, dans leur ensemble, mais particulièrement les arbres, permettent de réduire la pollution atmosphérique en piégeant les particules fines, en retenant le CO2, en séquestrant les métaux lourds et en atténuant la concentration d'ozone.

Un arbre en bonne santé peut retenir 7 000 particules atmosphériques par litre d'air. La concentration de particules dans l'air peut être plus de 3 fois inférieure dans les rues arborées que dans les rues démunies d'arbres. Qu'attendons-nous pour planter des arbres et entretenir notre patrimoine végétal vivant ?

Lutte contre les inondations

Les espaces verts permettent de réduire le risque d'inondation, d'érosion des sols et la diffusion des polluants. L'urbanisation, entraînant l'imperméabilisation des sols, oblige les communes à déployer un réseau artificiel d'évacuation et d'assainissement des eaux pluviales. Les sols végétalisés sont perméables, ils réduisent le risque d'inondation et assurent l'alimentation des nappes phréatiques en eaux propres. En limitant le ruissellement des eaux à la surface du sol, les espaces verts atténuent également l'effet d'érosion en favorisant une infiltration plus rapide des eaux de pluie.

Réduction de la consommation énergétique

La végétation est aussi un moyen de réduire la consommation énergétique. Les espaces verts aident à limiter l'utilisation des climatiseurs en réduisant les îlots de chaleur. Les infrastructures vertes, comme les toitures végétalisées, par exemple, permettent une régulation thermique plus importante.

Les bons choix et les bons gestes pour jardiner pour et avec le climat

  • Couvrir le sol : dans le jardin biologique, on cherche le plus possible à reproduire la nature. Or, dans la nature, la terre n'est jamais nue. Elle s'enherbe très vite si elle n'est pas recouverte par une litière de feuilles mortes, de brindilles, etc. Dans le jardin, que ce soit dans les massifs de fleurs ou dans le potager, on veillera toujours à couvrir le sol avec de la matière organique. Il est donc préconisé d'épandre les tontes de gazon, de la paille, du foin, des feuilles mortes, etc. Ou bien encore un mélange non composté de résidus de broyage de rameaux de bois (BRF, bois raméal fragmenté), du carton, les déchets de la cuisine et du jardin, etc. Non seulement cette couverture du sol permet de limiter l'enherbement par les plantes sauvages, mais elle protège la terre du tassement. Et elle permet de conserver l'humus du sol. Ce processus libère des nutriments pour les plantes et se conclut par la création de l'humus.
  • Recycler : depuis 2003, il est interdit de brûler les déchets verts issus de l'entretien du jardin. En effet, cette combustion provoque une pollution préjudiciable à l'environnement et à l'homme. Il est donc préconisé d'utiliser les tontes de gazon, le produit de la taille des haies, des feuilles mortes en paillage pour recouvrir le sol ou bien pour alimenter son compost. Cette matière biodégradable fournit, après sa décomposition, un terreau utilisable au jardin.
  • Raisonner l'arrosage : les quantités d'eau à apporter au jardin et leur fréquence dépendent des plantes mais aussi de la nature du sol, de la pente du jardin, de son exposition et, bien sûr, de la météo ! Il y a toutefois des règles simples à respecter : au printemps, lorsque les nuits sont encore fraîches, arroser de préférence le matin; au contraire, apporter de l'eau en soirée lors des périodes de fortes chaleurs, comme celles que nous venons de connaître, afin de limiter l'évaporation. Et dans tous les cas, veiller à ce que le sol ne soit jamais nu car le paillage lui permet de conserver sa fraîcheur.

À venir : article sur les plantes à privilégier dans la situation de dérèglement climatique que nous connaissons.

 

Sources bibliographiques : UNEP, Pacte pour le Jardin COP21

 

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