Jardins

PARCS ET JARDINS DU XIXE SIECLE EN INDRE-ET-LOIRE

Notre association Vouvray Patrimoine s'intéresse à l'histoire des parcs et jardins du XIXe siècle en Indre-et-Loire, notamment à Vouvray, ainsi qu'à leurs concepteurs, les paysagistes.

A l'occasion d'un colloque de 2008, organisé par le Conseil Départemental d'Indre-et-Loire et intitulé "L'esprit des jardins : entre tradition et création", Madame Juliette MEUDEC, historienne de l'art, spécialisée dans les jardins a dressé un inventaire, écrit, des jardins des résidences champêtres au XIXe siècle en Touraine dont nous vous rapportons quelques larges extraits ci-après. Notre intention est, bien évidemment, de trouver des indices, des informations nous permettant d'en apprendre davantage sur les jardins de résidences du Vouvrillon.

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Le souhait d'étudier les jardins des résidences champêtres au XIXe siècle en Touraine s'est d'emblée imposé à nous. Sa marque visible dans le paysage, lorsque l'on parcourt le département d'Indre-et-Loire, la familiarité des cimes d'arbres exotiques dans la campagne nous interroge sur ces créations, si nombreuses qu'elles révèlent un phénomène d'édification remarquable, mais également sur celles peut-être moins visibles.
Lorsque l'auteur cite les cimes d'arbres exotiques, nous pensons bien évidemment aux cèdres du Liban, qui constituent autant de marques bien visibles dans le paysage de jardins de résidences ou de châteaux.

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Le cadre chronologique du XIXe siècle choisi pour notre enquête correspond à une époque d'inflation de l'activité constructive autour des résidences de luxe à la campagne (restaurations, reconstructions, réaménagements); la Touraine est particulièrement concernée par ce phénomène.
Déjà, comme le signalait M. L. de Lavergne, dans Economie rurale de la France depuis 1789 dans sa troisième édition de 1866, le grand chantier de restauration du château de Blois impulsa une vague de réparations de châteaux dans la vallée de la Loire, on en bâtit également de nouveaux, qui même modestes, s'inscrivent dans ce même goût.

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Lavergne défend bien sûr son point de vue du développement de l'agronomie, mais il témoigne dans les années 1860 de la richesse de la Touraine en matière de "châteaux", de par le legs architectural de son passé et les nouveaux édifices; on peut penser notamment aux constructions néo-gothiques de l'architecte Châteigner, comme le château de Véretz, ou encore le château de Comacre à Sainte-Catherine-de-Fierbois (aujourd'hui détruit), célèbre en son temps; Balzac dans une lettre à Mme Hanska de 1848 en disait : "Une veuve qui s'est remariée à un M. de Lussac (...) vient de faire bâtir, dans la terre de son mari, un château gothique où il y a des figurines autant qu'il y a de statues dans la cathédrale de Milan. J'irai voir cela, car toute la Touraine en parle !".

Lavergne parle plus loin de l'attractivité accrue de la Touraine depuis que le chemin de fer y passe, la ligne Orléans-Tours reliant à Paris ayant été inaugurée en 1846. Le chemin de fer, avec son développement sous le Second Empire puis la création des lignes secondaires à partir de 1878, accentua la position privilégiée de la Touraine par rapport à Paris, centre de la vie culturelle en France au XIXe siècle.

La proximité avec Paris favorisa, durant tout le XIXe siècle, la transposition d'une vie mondaine à la campagne. En plus de sa vie provinciale propre, avec ses notables, la Touraine présente donc la caractéristique d'être une terre historique riche en matière de châteaux, évocatrice d'un passé nostalgique pour une certaine frange de la société aristocratique, attrayante pour l'achat d'une terre pour les nouvelles élites, et de surcroît particulièrement bien située et desservie par rapport à la capitale, belle position pour installer des lieux de villégiatures.
Tous ces éléments présagent une concentration particulière de résidences champêtres huppées sur ce territoire au XIXe siècle, véritable "âge d'or" de la construction à la campagne.

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Comme nous l'avons défini auparavant, notre recensement des parcs et jardins s'appuie sur le critère du niveau social de ses occupants, considérant ainsi l'ensemble de "l'élite sociale" sur le territoire de la Touraine, habitant des résidences potentiellement entourées de parcs ou jardins. Les sources les plus pertinentes afin de lister ces lieux et ces personnages sont les annuaires contemporains de la fin du XIXe siècle. L'Annuaire des Châteaux et Villégiatures est un de ces annuaires, national, les résidences y sont classées par départements, puis par bureaux de poste. Il s'agit d'un annuaire mondain, où une certaine "élite" est répertoriée.

Un extrait de l'Annuaire des châteaux et des villégiatures de A. La Fare, datant de 1909-1910, Paris, nous permet de découvrir la liste des "châteaux et villégiatures" de Vouvray et leurs propriétaires de l'époque :

  • Château du Gaimont : M. Mme Victor de Metz (Mme née de La Chaise)
  • Château des Girardières : M. Mme Charles Bruley des Varannes (et Mme née Fessart)
  • Château de Moncontour : Baron Jules de Koenigswarter (et Baronne née Franchetti)
  • Château de Montauran : M. Ferdinand Mainié (et Mme née Choppin)
  • Château de Nouy : M. Gontrand Tampé
  • Château des Pastys : Mme Pauline Tampé (née Fournier)
  • Château de l'Auberdière : M. Charles-Henri Vavasseur
  • Château de Vaudenuits

Cet Annuaire des Châteaux et des Villégiatures de 1909-1910 nous fournit une base de 519 lieux et noms de résidents en Indre-et-Loire. On peut penser a priori que chacune de ces résidences est entourée d'un parc ou jardin à la date de parution de l'annuaire.

A suivre : les principaux paysagistes ayant créé des parcs et jardins en Indre-et-Loire à la fin du XIXe siècle et début du XXe.

 

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