Paysagistes

LOUIS DECORGES (1872-1940)

Le paysagiste Louis Decorges a créé plusieurs jardins en Indre-et-Loire.

Dans la revue La Vie à la Campagne, du 15 mars 1914, où sont développées les "tendances du jardin du XXe siècle", Louis Decorges expose trois de ses créations comme exemples emblématiques : une "Composition d'esprit Renaissance"  l'Hôtel Joyeuse à Amboise pour M. Charpentier, une "Composition traditionnelle d'esprit" avec le Grand Parterre du château de l'Orfrasière pour Robert de Wendel, et une "Composition pittoresque" avec le Petit Jardin d'Eau et de Plantes Vivaces à la Villa Les Roches à Rochecorbon pour M. Brédif.


Louis Decorges est né le 10 septembre 1872 en Suisse, à Genève, dans une famille protestante d'origine française. Son père et son grand-père étaient déjà dans le métier puisqu'ils étaient jardiniers. Son père était membre de la Société d'Horticulture Genevoise depuis 1870 et très apprécié des professionnels suisses, comme cela est mentionné dans le Bulletin de la Société de mars 1910, à l'annonce de son décès.

Après un stage d'une année dans l'établissement horticole de M. Sallier à Neuilly-sur-Seine, établissement aujourd'hui disparu, Louis Decorges rencontre à Paris l'architecte paysagiste de grand renom, Henri Martinet, chez qui il travaille près de trois ans, tout d'abord en qualité d'élève, puis d'associé. À Paris, il fait également la connaissance de Jenny-Aimée Mottier, une cousine qui habite alors la capitale, puis qu'il épouse peu après. C'est sans doute à cause de ces deux rencontres que Louis Decorges décide de rester en France et de renouer avec le pays d'origine de ses ancêtres.

Il s'installe à Tours en 1897, où il reprend l'ancienne maison Chevallier, "dessinateur de parcs et jardins"; il a alors 25 ans. C'est en fait Henri Martinet, originaire de Touraine (son père était jardinier au château d'Azay-le-Rideau) que la maison Chevallier avait désigné pour successeur. N'ayant pas le temps d'assumer cette tâche, en raison de ses activités parisiennes, Henri Martinet recommande son élève, Louis Decorges, déjà sur place en qualité de "représentant". Louis y restera jusqu'à sa mort en 1940, séduit sans doute par cette région des châteaux de la Loire où les grands bourgeois et les riches industriels sont propriétaires de châteaux et de grands domaines, donc susceptibles de faire des commandes importantes. En outre, il n'existait pas de concurrence car aucun autre paysagiste n'était installé dans la région.

De son mariage avec Jenny-Aimée Mottier naîtront deux enfants, une fille née en 1895, atteinte de tuberculose, qui vécut jusqu'à l'âge de 32 ans dans un sanatorium en Suisse et un garçon, René, né en 1900, formé très tôt à l'entreprise de son père, qui participera aux projets dès les années 1920. Le cabinet de Louis Decorges était situé au 103 rue Jules Charpentier à Tours et son domicile, au n°107 de la même rue. Il possédait également, dès le début de son installation, deux terrains à Tours, qui lui servaient de pépinières. Plus tard, il achètera une maison de campagne à Saint-Symphorien, alors village indépendant de Tours, la Villa Gentiana, dont il aménagera le jardin selon son savoir-faire et ses goûts en véritable jardin de démonstration ouvert à la visite.

Arrivé en Touraine sans connaître personne, son métier le mit rapidement en relation avec toutes les plus grosses fortunes de la région et certains de ses clients devinrent ses amis, comme M. Brédif, propriétaire de la Villa des Roches, à Rochecorbon, producteur de vins de Vouvray, qui devient parrain de son fils.

Très attaché aux honneurs et aux relations, Louis Decorges était membre du Rotary Club et cumulait de nombreux titres et fonctions dont il était fier, comme sa nomination à la Légion d'Honneur. De ses origines suisses, Louis Decorges a gardé l'amour des plantes vivaces de la montagne, celui des fleurs et des scènes rustiques.


Une liste des oeuvres des établissements "Louis Decorges et fils, architectes paysagistes à Tours et à Pau" est publiée plus tard en 1930 dans la Revue géographique industrielle de France, numéro 87. Après un article, il est dit que cette liste n'est qu'un "rapide extrait" de leurs oeuvres. Elle fournit la référence de 21 créations privées (dont 4 "jardins", les autres étant des parcs) en Touraine, et 4 oeuvres de commande publique. Un travail universitaire mené par Corinne Larsabal en 1993 a mis en évidence d'autres réalisations, grâce à la consultation des archives familiales et des entretiens avec des descendants ou d'anciens collaborateurs. Une quarantaine d'oeuvres privées des établissements Decorges ont ainsi été identifiées en Indre-et-Loire.

Source : Parcs et jardins du XIXe siècle en Indre-et-Loire : du "parc agricole" au "jardin de style"; Juliette Meudec, historienne de l'art, spécialisée dans les jardins; 5-6 sept. 2008.

Réalisations de Louis Decorges et de son fils René, architectes paysagistes :

  • Parc du château de l'Orfrasière à Nouzilly
  • Jardin de la Villa Joyeuse à Amboise
  • Square de la Préfecture, parc municipal de Grammont, Golf Club et les jardins de "l'hôtel de Monsieur Bourdais" à Tours
  • Parc du Gerfault et Parc du Plessis à Azay-le-Rideau
  • Parc de la Rochedain près de Souvigné
  • Parc de Valesne près de Saché
  • Parc du Mortier près de Monnaie
  • Parc de Bellevue-Cottage à Château-Renault
  • Jardin des Roches à Rochecorbon
  • Parc de Vau-Ardeau et le Parc de la Dorissière à Saint-Cyr-sur-Loire
  • Parc de la Bourdaisière à Véretz
  • Parc de Candé à Monts
  • Parc de Méré à Pont de Ruan
  • Parc de la Bouchardière et Parc de Chérizy à Joué-les-Tours
  • Jardin des Roches à Montlouis-sur-Loire
  • Parc d'Azay-sur-Indre
  • Parc de Chesnaye à Cérelles
  • Parc du château de Bel Air à Truyes

Source : Société d'Horticulture de Touraine

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