Plantes

LES PANIERS EN BOIS D'ORCHIDÉES AU XIXE SIÈCLE

En 2016, lorsque je commençai à travailler au domaine régional de Chaumont-sur-Loire, mon intérêt se concentra rapidement sur les anciennes collections végétales du prince et de la prince de Broglie, derniers propriétaires privés du château de Chaumont-sur-Loire (de 1875 à 1938); collections qui furent très largement récompensées lors des concours horticoles de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. En plus d'avoir un merveilleux potager clos de murs (aujourd'hui propriété de la commune de Chaumont-sur-Loire), le prince et la princesse étaient de véritables amateurs de plantes; ils avaient fait construire des serres, dans le potager, afin d'abriter leurs fabuleuses collections de fruits exotiques, de plantes tropicales et notamment d'orchidées, auxquelles la princesse vouait une véritable passion.

J'ai écrit un article sur les anciennes collections végétales du prince et de la princesse de Broglie, que je publierai une prochaine fois, mais cela me donne l'occasion aujourd'hui d'évoquer la façon dont les orchidées épiphytes étaient cultivées au XIXe siècle car cela pourrait être remis au goût du jour et proposer ainsi une alternative aux pots en plastique transparent que nous utilisons aujourd'hui.

Cattleya lueddemanniana Rchb.f. (Syn. Cattleya roezlii)

La culture des orchidées, pour la vente, débuta en Angleterre dans les premières années du XIXe siècle et c'est en 1835 que leur culture pénétra en France. Auguste Rivière et Joseph Neumann ouvrirent la voie des hybridations d’orchidées, mais l’Angleterre était en avance sur notre pays. Seuls quelques horticulteurs et un petit nombre d’amateurs avaient, à cette époque, des serres à orchidées. En 1855, l'engouement pour les orchidées commença à se répandre, en même temps que l'utilisation de la sphaigne pour la culture des espèces épiphytes. Mais la grande vogue date de 1878; tous les amateurs eurent alors leur serre à orchidées et les orchidées se popularisèrent au point qu’on les utilisa pour orner les appartements et qu’elles apparurent aux vitrines des fleuristes.

Panier en bois - Psychopsis krameriana (Rchb.f.) H.G.Jones (Synonyme Oncidium kramerianum)

Des paniers en bois, à claire-voie, étaient alors utilisés pour cultiver les orchidées épiphytes, notamment les espèces à fleurs verticales ou pendantes. Les bois d'acacia, de pommier, de poirier, de cerisier, d'érable ou même le liège brut étaient les plus recommandés pour confectionner ces "corbeilles" dont on garnissait le fond avec un mélange de sphaigne (que l'on ramassait alors dans les lieux humides des forêts des alentours) et de fragments de terre de bruyère. Les racines des orchidées étaient délicatement insérées à travers les rondelles de bois et, étant ainsi aérées de tous côtés, elles n'avaient pas à craindre l'eau stagnante. Les paniers étaient suspendus et accrochés dans diverses parties de la serre, contribuant ainsi à la mise en scène de la collection. Quelques petites touffes de fougères herbacées étaient plantées sur les paniers d'orchidées afin d'encadrer les plantes d'un peu de verdure. Pourquoi ne pas s'inspirer de ce qui était en vigueur au XIXe siècle et proposer ainsi une alternative à ces pots souvent inesthétiques ?

Serre chaude à orchidées des établissements Veitch - on aperçoit les paniers suspendus d'orchidées

Panier en bois - Phalaenopsis x intermedia Lindl. (Synonyme de Phalaenopsis x porteri)

 

 

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