Plantes

SAUVAGES DE MA RUE !

Le programme de science citoyenne que nous présentons aujourd'hui a été mis en place en 2012 par le Muséum National d'Histoire Naturelle et ne concerne pas directement Vouvray, certes, mais, après tout, les plantes urbaines sauvages font également partie de notre paysage et de notre patrimoine naturel.

"SAUVAGES DE MA RUE" est le nom d'un projet pédagogique animé conjointement par l'association Tela Botanica et le laboratoire CERSP du Muséum National d’Histoire Naturelle. Cet observatoire se consacre à l'étude de la flore urbaine des villes et villages de France, qui concentrent, sur des surfaces restreintes, une proportion grandissante de citoyens et une nature urbaine tout à fait particulière. Cette biodiversité, à travers les services qu’elle rend, est indispensable à la vie des citadins.

En effet, les villes et villages ont été bâtis sur des terres autrefois occupées par des espaces naturels ou cultivés. Les Hommes ont façonné ces territoires en une mosaïque d’espaces construits et d’espaces verts entrecoupés de voies de communication. Ils ont ainsi exercé une influence forte, parfois sans le savoir, sur la biodiversité des aires urbaines. Partout dans le monde, les plantes et les animaux, qui cohabitent avec les hommes dans les villes et villages, sont à peu près les mêmes. Certaines espèces sont choyées, cultivées, domestiquées et trouvent toutes leur place dans nos communes. Les citadins les ont choisies et sélectionnées : chats, chiens, perruches... pour leur tenir compagnie, géraniums, arbres à papillons... pour fleurir leurs balcons ou leurs jardins, platanes, marronniers d’Inde pour verdir leur avenues. Plusieurs de ces espèces, les arbres à papillons ou les perruches, par exemple, se sont si bien acclimatées au milieu urbain qu’elles se sont échappées des jardins et des maisons pour s’installer dans d’autres espaces de la ville et former des populations sauvages.

D’autres espèces profitent de la présence de l'homme à son insu ; elles trouvent auprès des citadins le gîte, le couvert et même les moyens de transport. La forte concentration humaine, en produisant des volumes de déchets considérables, nourrit cette biodiversité urbaine qui peut parfois former des populations importantes de rats, de blattes et d’orties, par exemple.
Les véhicules, les semelles des chaussures, le bas des pantalons ou les poils des balayeuses sont autant de vecteurs de déplacement pour les graines des plantes. Les espèces les plus sensibles, qui ne supportent pas l’agitation humaine se maintiennent en ville dans les boisements peu fréquentés, les cimetières, ou encore les berges de cours d’eau difficilement accessibles. Les plantes profitent de tous les interstices pour s’installer, elles sont abondantes en ville et rendent de nombreux services.

Quelques-unes, souvent les plus jolies, sont connues et appréciées : les pâquerettes, les coquelicots, les giroflées... mais, la plupart restent inconnues des citadins. Les plantes sauvages rendent les villes et villages plus agréables à vivre. Les espaces verts tempèrent les canicules, participent à l’absorption des gaz à effet de serre, aident à la dépollution de l’eau et du sol et sont également essentiels au bien-être et à la santé des habitants. De plus, leurs rôles culturels et récréatifs participent au plaisir d’habiter les villes et villages.

La richesse de ces espaces dépend des surfaces qui leur sont consacrées, des modes de gestion qui leur sont appliqués et des connexions vertes qui les relient. En effet, pour assurer leur pérennité, les plantes doivent pouvoir se déplacer en ville ceci grâce à la circulation de leurs graines et de leur pollen. C’est pourquoi les friches, les pieds des arbres d’alignement, les jardinières, les toits, les murs ou tout autre interstice urbain sont autant de relais indispensables pour assurer la continuité entre les populations de plantes des squares ou des jardins.

Alors comment participer au programme « Sauvages de ma rue » ?

Il suffit de visiter des rues de votre quartier, de lister les plantes sauvages qu'elles hébergent, et d’envoyer les données par internet au Muséum National d’Histoire Naturelle. Nul besoin d’être botaniste, tout le monde peut participer, même les débutants ! En théorie, vous pouvez y participer toute l'année, mais vous reconnaitrez mieux les plantes si elles sont fleuries, le printemps est donc idéal. Vous pouvez bien sûr faire plusieurs relevés par an, c'est encore mieux !

Que faut-il recenser ?

Les plantes sauvages qui poussent dans les "brèches urbaines", les trottoirs, les murs et pieds de murs, les pieds d’arbres, les espaces engazonnés, les plates-bandes, les dessous de haies, les bords de chemins, les ronds-points.
Les 240 espèces de plantes sélectionnées par le Muséum National d'Histoire Naturelle sont celles qui poussent très fréquemment dans les rues des villes et villages. Avant de commencer le recensement, vous pouvez vous entraîner en essayant de reconnaître les principaux groupes de plantes sur ce lien : http://sauvagesdemarue.mnhn.fr/biodiversit-urbaine/les-esp-ces

Puis, dès que vous êtes prêts, il suffit de télécharger le protocole ou la fiche de recensement et c’est parti !
L’application « Sauvages de ma rue » est également disponible sur Smartphone, avec une aide à la détermination de 240 espèces du programme : disponible pour Androïd sur Google play et pour iPhone sur App Store.

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