Plantes

L'ACANTHE

L’acanthe est une plante vivace de la famille des Acanthaceae, qui comprend une trentaine d’espèces originaires principalement d’Eurasie et d’Afrique.

Voici la définition proposée par le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle – Tome 1, part. 1, A-Am.djvu/126 - :
"Acanthe : du grec akantha, épine.

Genre de plantes de la famille des Acanthaceae, remarquable par la beauté de ses feuilles. L’espèce principale est appelée aussi branc-ursine, à cause d’une prétendue ressemblance qu’aurait sa feuille avec une patte d’ours.
En architecture : imitation plus ou moins capricieuse que l’on fait de la plante qui porte ce nom, pour les ornements usuels, et principalement pour la décoration du chapiteau corinthien et autres ornements d’architecture. L’acanthe est l'un des ornements les plus gracieux du chapiteau corinthien, on en doit l’invention à l’architecte Callimaque.
Le genre Acanthus renferme d’assez nombreuses espèces. Quelques-unes seulement sont assez répandues dans nos jardins ; ce sont l’acanthe épineuse, l’acanthe molle et l’acanthe lusitanique. Ce sont des plantes à feuilles très grandes, élégamment découpées et d’un beau vert ; aussi les recherche-t-on pour les plantations d’agrément, malgré l’odeur forte et peu agréable de leurs fleurs. Elles se plaisent dans les sols humides et pierreux, et on les multiplie facilement par graines ou par œilletons. Les racines, les feuilles et les fleurs de l’acanthe sont employées en médecine. Elles sont essentiellement mucilagineuses. Les racines sont en outre riches en tannin ; on les récolte à l’automne ou au printemps ; on les lave, on les coupe en tronçons et on les fait sécher. Elles sont administrées, en décoction, contre l’hémoptysie et la ménorrhagie. Les feuilles sont émollientes, et on les utilise comme telles, à l’intérieur ou à l’extérieur, dans toutes les maladies où il y a irritation. On a attribué à tort aux jeunes pousses la propriété de guérir la morsure des serpents venimeux."


Deux espèces sont aujourd'hui communément utilisées dans nos jardins : l’acanthe épineuse (Acanthus spinosus L.) aux feuilles très découpées et légèrement piquantes ressemblant à celles d’un artichaut, et l’acanthe à feuilles molles (Acanthus mollis L.) au feuillage vert foncé très brillant, que nous avons rencontrée lors de notre première promenade aux jardins, le 7 juin 2015.

L’Acanthus mollis est une plante sans pareil, son beau feuillage large et luisant sert de parfait écrin à sa floraison exceptionnelle en longs épis, qui se prolonge tout l’été. Installée en sujet isolé sur une pelouse, plantée en groupe plus imposant dans un massif, ou encore fièrement disposée en ligne dans une bordure, l’acanthe saura magnifier le décor. Ses épis floraux très rigides font également merveille en bouquets.

L’acanthe apprécie les sols très bien drainés, perméables, secs voire caillouteux ou à tendance calcaire, mais fertiles. Il ne faut pas hésiter à ajouter du sable ou des billes d'argile en terrain lourd ou argileux pour assurer un bon drainage car l’acanthe redoute les excès d’humidité. Une fois bien installée, elle n’aura pas besoin d’arrosage sauf en cas de sécheresse prolongée ; elle ne demande aucun soin particulier. Vivace frileuse, elle résiste tout de même bien au gel s’il ne se prolonge pas de longs mois durant. Le feuillage disparaîtra mais la plante réapparaîtra au printemps suivant en redémarrant de la souche si un paillage copieux a été mis en place en automne pour la protéger. La multiplication se fait par semis direct en pleine terre au mois de mai. La division des touffes n’est pas conseillée car l’acanthe déteste être dérangée et la reprise n’est pas assurée.

Voici un extrait de L'Esprit des fleurs, écrit par Madame Emmeline Raymond et publié en 1884 à Paris, chez F. Rothschild, Editeur, p. 10 :

"Mesdames, messieurs, fit le Lierre en adressant autour de lui un salut circulaire, j'ai l'honneur de vous présenter l'Acanthe : il me semble superflu de vous rappeler que, grâce à elle, le règne végétal tient une place honorée; pour devenir célèbre, pour rester immortelle, il lui a suffi de servir un sentiment sincère. La nourrice d'une jeune fille morte à Corinthe plaça sur sa tombe une corbeille votive, maintenue par une tuile; une feuille d'acanthe se trouvait sous la corbeille et l'enveloppa en se développant : l'incomparable grâce de cette décoration fut copiée avec la pierre et le marbre, et l'humanité adopta la feuille d'acanthe comme le symbole des arts : cette feuille lui enseigne que l'invention, les combinaisons ingénieuses, le savoir acquis, sont stériles, quand le sentiment ne les a point fécondés."

Et enfin, pour terminer, un extrait du Dictionnaire des Symboles, au sujet de l'acanthe :
"Le symbolisme de la feuille d'acanthe, très utilisée dans les décorations antiques et médiévales, dérive essentiellement des piquants de cette plante. Selon une légende rapportée par Vitruve, le sculpteur Callimaque, à la fin du Ve siècle avant J.C., se serait inspiré, pour orner un chapiteau, d'un bouquet de feuilles d'acanthe surplombant le tombeau d'une jeune fille. On peut retenir de cette légende, qu'à l'origine, tout au moins, l'acanthe était surtout utilisée dans l'architecture funéraire pour indiquer que les épreuves de la vie et de la mort, symbolisées par les piquants de la plante, étaient victorieusement surmontées.
Elle orne les chapiteaux corinthiens, les chars funéraires, les vêtements des grands hommes, parce que les architectes, les défunts, les héros ont triomphé des difficultés de leur tâche. Comme de toute épine, on en a fait aussi le symbole de la terre vierge et de la virginité." (Auteurs Jean Chevalier & Alain Gheerbrant, Editions R. Laffont/Jupiter)

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