LOUIS AUBIN, PERE ET FILS

O mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées, depuis que vos savantes leçons, plus douces que le miel, filtrèrent dans mon coeur, comme une onde rafraîchissante.

Ils ont le même prénom, le même profil intellectuel, ils ont vécu dans la même maison vouvrillonne qui remonte au XVIe siècle, les Barguins (quelquefois avec l’orthographe Bargains), agrandis par leur ancêtre François Aubin en 1729. Ils sont tous deux victimes d’un injuste oubli.

Louis (Martin) Aubin était le 17e enfant de sa famille ; il est né à Vouvray le 21 mars 1823. Orphelin à 11 ans, il fit des études au Collège Royal de Tours (Lycée Descartes après 1849). En 1844, il fut reçu à l’Ecole Normale Supérieure, le premier Vouvrillon à y être admis. Pas de photo collective de la promotion, ni rue d’Ulm, ni aux Archives Nationales, d’où l’illustration de cette notice.
Reçu à l’agrégation de mathématiques (sans doute le premier Vouvrillon), Louis (Martin) Aubin a enseigné quelques années, en particulier à St Etienne, en classe préparatoire, puis il a préféré se diriger vers l’administration : Directeur de l’enseignement primaire à Lyon en 1863, Inspecteur d’académie à Paris après 1878, Inspecteur Général. Il est mort à Montrond dans la Loire, le 10 octobre 1888. La notice nécrologique de l’ENS, écrite par Octave Gréard, nous montre un homme subtil, tenace, diplomate, avec des idées d’ordre et de solidité : un grand administrateur. Scientifique de nature, il était aussi doué pour les langues et avait des goûts littéraires. L’éloge des mathématiques, cité plus haut, écrit par son contemporain Isidore Ducasse, lui aurait parlé, comme à son fils.

Louis (Charles Eugène Marie) Aubin est né à Lyon le 8 avril 1864. Il a été reçu à l’ENS et à Polytechnique et a intégré la deuxième école. Ingénieur au Ministère de la Marine, on lui doit un ouvrage sur L’aérostation maritime en 1890. Il vivait à Paris et à Vouvray, aux Barguins, d’où il supervisait la vendange. Il a connu les épreuves de la vie, seul après la mort de son épouse puis de ses deux fils (en 1900 et en 1913). Il s’est éteint le 13 janvier 1923.

[Nos remerciements vont d’abord à Jacques Borowczyk, une des chevilles ouvrières du Dictionnaire des Scientifiques tourangeaux, qui nous a le premier parlé de Louis (Martin) Aubin, ils vont aussi à l’a-Ulm (Association des anciens élèves, élèves et amis de l’ENS), à l’Archiviste de l’ENS, à Roland Brasseur et à notre mathématicien-conseil.
Illustration : carte postale ancienne, collection particulière.]

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