MADELEINE BOUTARD

Madeleine Boutard
(1913-1984)

C’est la première femme député d’Indre-et-Loire et la plus jeune du Parlement. En 1946, cette élue du Parti Communiste avait 32 ans.

Elle est née à Vouvray, Vallée de Nouy, le 16 décembre 1913. Sa mère était cuisinière, son père, Victor Péan, vigneron. L’année d’après, il est parti faire la guerre. En 1935, à 22 ans, elle s’est mariée avec René Boutard lui aussi vigneron à Vouvray. Ils vivaient au Petit Coteau et eurent une fille. René Boutard a été mobilisé en 1939. Elle est vigneronne dans la petite exploitation de ses parents puis avec son mari. Les années de guerre et d’occupation, la collaboration forgent son caractère et ses convictions.

A la Libération, elle adhère au Parti Communiste Français et devient membre de la Fédération d'Indre-et-Loire. Aux élections législatives du 10 novembre 1946, la liste de Jean Guillon (appelée « Liste d'Union républicaine et résistante ») où elle était en 2e position a obtenu 25,55% des voix et elle a été élue. Gérard Belloin raconte : « Personne, et surtout pas elle, ne s’attendait à son élection. Lorsque la nouvelle lui parvint par la radio, elle dit à son mari :
- Et moi qui ai mis une lessive à tremper pour demain.
»
A ces élections, les premières de la IVe République, le PCF a obtenu le meilleur score de son histoire avec 182 sièges sur 622.

A l’Assemblée, Madeleine Boutard était un député particulièrement actif. Membre de la Commission de l'Agriculture, elle est intervenue lors de la préparation du projet de loi sur le fermage et le métayage. Elle est aussi intervenue sur les questions sociales, les problèmes du logement, les droits des femmes. Elle s’est prononcé avec force contre la politique coloniale de la France en Indochine.

Battue aux élections du 17 juin 1951, elle fut élue député à celles du 2 janvier 1956, faisant sa campagne sur la question de la paix en Algérie. Le 25 juillet 1956 elle déclare à l’Assemblée : « Etre contre la guerre d’Algérie c’est être d’accord avec la Constitution française que certains d’entre vous ont adoptée. »

Elle était membre du secrétariat fédéral du P.C.F. et rédactrice en chef de La Voix du Peuple de Touraine. Elle y a écrit des éditoriaux vigoureux, comme le 1er avril I962 : « Pour assurer la paix, défendre la liberté. Il faut écraser les assassins de l’OAS. Exigeons leur châtiment et celui des politiciens qui les soutiennent : les Bidault, Soustelle et en Touraine Royer. »

Elle a été battue en novembre 1958 (premières législatives de la Ve République). En 1962, elle se désiste au deuxième tour en faveur de Fernand Berthouin (FGDS, c'est à dire radicaux de gauche) qui bat Michel Debré (25 novembre). En 1959 et 1965 elle tente en vain d’être élue Sénateur. Elle cesse son activité politique et se retire à Vernou-sur-Brenne où elle meurt le 18 août 1984. Elle est enterrée à Vernou. Son nom est celui d’une rue de St-Pierre-des-Corps mais pas de La-Ville-aux-Dames où il n’a pas été retenu. Le sera-t-il à Vouvray ?

[Cette notice doit beaucoup au Centre généalogique de Touraine, à l'Amicale des Vétérans du Parti communiste d'Indre-et-Loire, au livre de Gérard Belloin, Mémoires d’un fils de paysans tourangeaux entré en communisme, Editions ouvrières, 2000, et au site Internet de l’Assemblée Nationale d’où provient la photo.]

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