Propriétés de Vouvray

LE MANOIR DU HAUT-LIEU À VOUVRAY

Ce manoir est un site emblématique de Vouvray : il a tout d'abord été possession de l'église, bien national confisqué pendant la Révolution française, puis propriété transmise à différentes familles jusqu'à celle de Victor HUET, père de Gaston HUET, célèbre viticulteur surnommé "le pape du Vouvray" et maire de la commune de 1947 à 1989. C'est amusant car, sur le plan étymologique, un "haut lieu" évoque une position géographique remarquable (sur un point haut, bien sûr), mais également les "hautes instances" donc un lieu de pouvoir, d'influence. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas bien Vouvray, la propriété est située rue de la Croix Buisée, comme indiqué sur la capture d'écran Google Map © ci-dessous :

Retour dans le passé. Le Haut-Lieu apparaît distinctement sur la carte de Cassini (cartes réalisées par la famille de cartographes Cassini entre 1756 et 1815) et il est alors surmonté d'un symbole religieux. Voici, ci-dessous, une capture d'écran de la feuille N°47, disponible sur le site de Gallica.

Le Cadastre napoléonien (1819), disponible sur le site Internet des Archives d'Indre-et-Loire, nous indique que le Haut-Lieu figure dans la section G1 du bourg. Les états des sections nous apprennent que le Haut-Lieu appartenait alors à M. DUPRAT, qui possédait les parcelles cadastrées suivantes : 1280 (maison + sol), 1280 bis (maison + sol), 1281 (jardin d'agrément), 1282 (maison + sol), 1283 (jardin), 1283 bis (jardin d'agrément) et 1284 (vignes).

Cadastre napoléonien de 1819, section G1 du bourg, cote 6NUM10/281/010 - Archives d'Indre-et-Loire ©

L'étude des documents disponibles sur le site des Archives d'Indre-et-Loire nous apprend que ces différentes parcelles sortent du patrimoine de M. DUPRAT en 1847, puis différents propriétaires se succèdent. Et nous arrivons au XXe siècle avec l'acquisition de différentes parcelles, en 1930, par Victor François Désiré HUET, cafetier au 4 rue Drouot à Paris 9ème. La matrice des propriétés bâties, table alphabétique des propriétaires, cote 3P3/2991 des Archives d'Indre-et-Loire ©, ci-dessous, nous apprend que Victor HUET acquiert les propriétés bâties n°1278 (maison), n°1280 (maison), et n°1282 (maison). En regardant bien la matrice ci-dessous, on voit que Victor HUET se défait de la parcelle bâtie n°1278 puis, en 1944, de la parcelle bâtie n°1280 pour ne plus conserver que la (magnifique) maison n°1282. L'étude des matrices de propriétés non bâties indique qu'il acquiert les jardins et les vignes environnantes.

Le 15 janvier 1958, le photographe André ARSICAUD prend plusieurs photographies du Haut-Lieu, Gaston HUET est alors maire de Vouvray.

Photographie d'André ARSICAUD, le 15 janvier 1958, cote 5Fi008448, Archives d'Indre-et-Loire ©

Photographie d'André ARSICAUD, le 15 janvier 1958, cote 5Fi008449, Archives d'Indre-et-Loire ©

 Et voici le Haut-Lieu aujourd'hui, 9 mai 2021...

J'éprouve toujours de la tristesse devant ce patrimoine, bâti, végétal, qui dépérit, année après année, qui perd de son âme, alors que ces lieux ont été autrefois habités, aimés, entretenus... et je ne comprends toujours pas quel est l'intérêt des propriétaires de laisser un patrimoine perdre de sa valeur alors que tant de gens seraient ravis de pouvoir acquérir un lieu pareil et de le remettre en état, ne serait-ce que pour rendre hommage à ceux qui l'ont bâti et aux personnalités qui l'ont habité. Triste époque.

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